À propos

Qui se cache derrière evasionmaurice.fr ?

Franco-mauricien né à Paris, d'un père originaire de Goodlands et d'une mère normande. Ce blog, c'est l'île Maurice racontée par quelqu'un qui y a ses racines.

Photo de Alexis Hurunghee

Alexis Hurunghee

Développeur Full Stack chez Elmut

Franco-mauricien, né à Paris. Mon père vient de Goodlands, ma mère de la Manche. J'ai grandi avec les deux cultures — celle des champs de canne et celle des bocages normands. Sur ce blog, je partage mon amour pour mon île et la culture mauricienne, racontés de l'intérieur.

D'où je viens

Je m'appelle Alexis Hurunghee. Je suis né à Paris, d'un père mauricien et d'une mère française. Mon père vient de Goodlands, l'une des plus grandes villes du nord de l'île, pas très loin de Pereybère. Ma mère est de la Manche, en Normandie — des paysages très verts, une mer qui n'est pas la plus turquoise du monde, mais qu'on apprend à aimer.

J'ai grandi en France mais Maurice n'a jamais été loin. On y allait souvent — pas toutes les vacances, mais plusieurs fois par an. Onze heures de vol, deux saisons d'écart, et je retrouvais la maison familiale à Goodlands : la famille au grand complet, les voisins qui passent sans prévenir, les cousins qui débarquent à toute heure. Et puis le goût des fruits et des légumes là-bas — les mangues, les letchis, les ananas, les brèdes — tout a une saveur sans commune mesure avec ce qu'on trouve en France.

J'ai baigné dans la culture mauricienne avant même de savoir que c'en était une. Le créole comme langue à la maison, le bhojpuri à la prière, le dipin rond diam au petit-déjeuner — ce petit pain rond qu'on tartine de confiture maison, ananas, letchi ou mangue — et le dholl puri à midi.

Mes origines malabar — un fil qui remonte au Bihar

À Maurice, on m'appelle Malabar (Malbar). C'est le mot qu'on utilise là-bas pour désigner les Mauriciens d'origine indienne du nord — par opposition aux Tamouls, qui sont originaires du sud de l'Inde, de la région du Tamil Nadu. Le terme vient de la côte du Malabar, au Kerala, alors qu'on n'en vient pas du tout. C'est une de ces bizarreries d'histoire coloniale qui restent collées à la peau.

Parce qu'en réalité, mes ancêtres viennent du Bihar. Cette région de l'est de l'Inde, dans la grande plaine du Gange, d'où sont partis des centaines de milliers de travailleurs engagés indiens entre 1834 et 1920. Quand l'Empire britannique a aboli l'esclavage, les colons sucriers de Maurice se sont retrouvés sans main-d'œuvre dans les champs de canne. Ils sont allés la chercher au Bihar, dans les villages bhojpuri-phones du Gange. Mes arrière-arrière-arrière-grands-parents ont fait partie de ces convois.

Ils sont arrivés à l'Aapravasi Ghat, le quai d'immigration de Port-Louis — aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Près de 450 000 engagés y ont posé le pied. Ils ont reçu un numéro, un contrat de cinq ans, et ont été envoyés dans les sucreries du nord et de l'est de l'île. Aujourd'hui, environ deux Mauriciens sur trois descendent de ces hommes et de ces femmes.

C'est pour ça que la langue bhojpuri — un dialecte régional venu du Bihar — se parle encore dans certaines familles mauriciennes. C'est pour ça qu'on retrouve à Maurice toutes les grandes fêtes hindoues, célébrées partout en Inde mais portées ici par les descendants des engagés du nord : Divali, Maha Shivaratri avec son grand pèlerinage à Ganga Talao, Holi. Et certaines plus spécifiquement bihari-bhojpuri, comme Chhath Puja, la fête du soleil célébrée sur les berges des rivières. Et c'est pour ça que la cuisine mauricienne est tissée d'Inde — les rotis, les gâteaux piments, les briani, les currys, le dholl puri.

Pourquoi ce blog

Pendant des années, j'ai répondu aux mêmes questions de mes amis qui voulaient partir à Maurice. « C'est bien pour les familles ? » « On peut manger local ou c'est tout-inclus partout ? » « Goodlands ça vaut le coup ? » À un moment, j'ai arrêté de répondre par message vocal et j'ai commencé à écrire.

EvasionMaurice.fr, c'est né de là. L'envie de parler de Maurice comme j'en parle quand on me demande — avec les vraies adresses, les opinions sans filtre, les détails qu'on ne trouve pas ailleurs. Le marchand de dholl puri qui ouvre à 7h sur la Royal Road de Goodlands, je n'y vais pas depuis que j'ai lu un article dessus. J'y vais depuis que j'ai six ans.

C'est aussi une façon de parler de l'île autrement. Maurice mérite mieux que sa réputation de destination de lune de miel. C'est une civilisation à part entière — un carrefour entre l'Inde, l'Afrique, la Chine et l'Europe, soudé par le créole et par une histoire faite de colonisation, d'esclavage, d'engagisme et d'indépendance. Il y a de quoi écrire pendant des années sans en faire le tour.

Ce que tu trouveras ici

Je n'écris pas de « top 10 des plages à ne pas manquer ». Ce qui m'intéresse, c'est donner du contexte — d'où vient ce plat, pourquoi cette fête, qui habite ce village, quelle est la différence entre la côte ouest et la côte est en hiver austral.

Si je te dis d'éviter Flic en Flac certains mois, c'est parce que les algues arrivent et que personne ne le précise. Si je te recommande Grand Baie un dimanche matin plutôt que le samedi soir, c'est parce que je connais la différence. Si je te parle du Cavadee ou de Maha Shivaratri, c'est pas pour l'exotisme — c'est parce que ces fêtes font partie de ce que je suis.

Tu trouveras ici des articles sur les plages, la gastronomie, les randonnées, les villages, l'histoire, les communautés. Mais tu trouveras surtout un point de vue — celui de quelqu'un qui a grandi avec l'île, pas de quelqu'un qui y a passé deux semaines dans un hôtel cinq étoiles.

Sur quoi j'écris

Quatre sujets reviennent sur ce blog, parce que ce sont les quatre angles par lesquels j'aime raconter Maurice :

« Maurice n'est pas une destination, c'est une histoire qu'on porte. »

Alexis Hurunghee — Créateur d'EvasionMaurice.fr

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